Le cheval est un herbivore monogastrique (non ruminant) naturellement adapté à la consommation d’une végétation pauvre et ligneuse. Dans une écurie active qui cherche à créer les meilleures conditions de bien-être des chevaux, on vise à apporter à chaque cheval une alimentation qui correspond d’une part à ses besoins physiologiques mais aussi à ses besoins comportementaux. Le fourrage doit constituer la très large majorité de son alimentation et Il doit le consommer manger régulièrement tout au long de la journée. Pour maintenir un état corporel moyen, il est souvent indispensable de réguler cette consommation grâce au distributeur individuel de fourrage.

La place du fourrage dans l’alimentation du cheval

La domestication permet au cheval d’avoir accès à une alimentation plus riche composée de fourrages de meilleure qualité nutritionnelle et de concentrés. Cependant si distribuer des concentrés est plus simple pour l’homme et semble être apprécié par les chevaux au regard de leur excitation à la vue d’une brouette de granulés, ce n’est pas sans conséquence sur leur santé et leur comportement. Il est en effet clairement établi que l’augmentation de la part de concentré va de pair avec une augmentation des pathologies comportementales et physiologies comme les ulcères.
On ne le dira donc jamais assez, le fourrage doit constituer l’immense majorité de la ration. Il peut même tout à fait couvrir l’ensemble des besoins de beaucoup de chevaux. On veillera simplement à une complémentation en vitamines et minéraux pour parfaitement équilibrer la ration.

Le cheval passe naturellement en moyenne 15 à 16h au par jour à s’alimenter, or, lorsqu’il consomme du foin, il lui suffit de 40min à 1h pour en engloutir 1kg. Le calcul est vite fait, il est capable sans forcer de consommer entre 15 et 22 kg de foin par jour si ce dernier est disponible en libre-service. On comprend rapidement que sa capacité d’ingestion dépasse souvent ses besoins d’entretien qui sont couvert aux alentours de 12 kg de foin quotidien. Cette mesure varie bien sûr en fonction du gabarit du cheval et de la qualité du foin. Il est donc important de réguler cette
consommation de fourrage. Si les chevaux hébergés en groupe ont des besoins similaires, des dispositifs de slowfeeding collectifs conviendront ; si les besoins des chevaux composant le groupe sont plus variables, il faut alors installer des distributeurs individuels de fourrage.

 

Quel fourrage distribuer ?

L’ensemble la littérature scientifique montre que la diversité des fourrages distribués est importante tant pour le bénéfice que confère une alimentation variée que pour le bien-être que génère cet enrichissement de l’environnement du cheval hébergé dans un contexte domestique. On pourra donc avantageusement proposer aux chevaux des foins issus de différentes origines ou fauchés à des stades variables. On pourra également enrichir les menus avec des foins enrubannés. Dans ce cas, on préfèrera les enrubannés peu fermentés. Ces fourrages lorsqu’ils ont été correctement conditionnés ont l’avantage de ne pas générer de poussière. Ils sont appréciables lorsque l’on héberge des chevaux sujets aux pathologies respiratoires. Ces sujets ne doivent en aucun cas être alimentés avec des fourrages de mauvaise qualité sanitaire présentant trop de poussières et de mycotoxines. On pourra avantageusement utiliser des fourrages dépoussiérés mais ces derniers restent chers et difficile à se procurer.

Le distributeur individuel de fourrage

Dans une écurie active, le fourrage est évidemment la base de l’alimentation des chevaux mais dans la plupart des cas, les besoins des individus diffèrent en quantité et en qualité. C’est pourquoi les distributeurs de concentrés permettent non seulement de gérer individuellement le temps d’accès de chaque cheval au fourrage mais aussi de gérer plusieurs fourrages différents en fonction des besoins de chacun.
L’ordinateur central est en effet capable de gérer jusqu’à 3 fourrages différents dans l’écurie active. On eut donc tout à fait installer :
• Un automate pour du foin dépoussiéré pour les chevaux présentant des pathologies respiratoires
• Un automate à enrubanné pour les chevaux aux besoins plus importants
• Les autres automates à foin pour le reste du groupe.

Compte tenu que le temps consacré à l’alimentation est long et que la consommation du fourrage prend du temps, un poste d’automate individuel à fourrage ne peut pas alimenter plus de 4 chevaux. Au delà de ce nombre, on constate trop d’attente et une augmentation de la tension et du stress dans le groupe.
En pratique, le fonctionnement de l’automate à foin ressemble à celui d’un DAC. Le cheval rentre dans la stalle
d’affouragement et son transpondeur est reconnu. La barrière arrière se referme alors pour qu’il mange sans être importuné par le reste du groupe. On pourra choisir une fermeture par baguette électrique ou par porte caoutchouc double ventaux lorsque le groupe comprend des poneys de petite taille. Le cheval ainsi identifié, le passage d’encolure qui est devant lui s’ouvre et il a accès au fourrage stocké derrière pendant le temps préalablement réglé sur l’ordinateur central. Une fois celui-ci écoulé, le passage d’encolure se referme doucement et la barrière arrière s’ouvre.
Le cheval quitte alors l’automate par le portillon anti retour. Les réglages permettent d’attribuer un temps d’accès
par tranche horaire pour chaque individu avec des systèmes de compensation si le cheval n’utilise pas tout son « crédit » sur chaque intervalle horaire. De cette façon chaque individu peut consommer la quantité et la qualité de fourrage que lui convient.

Ménager un accès permanent au fourrage

Le distributeur individuel de fourrage permet au cheval de consommer ses 5 à 10 kg de foin mais cela ne va pas lui permettre d’occuper les 15 à 16h qu’il consacrerait au pâturage à l’état naturel. C’est pourquoi il est important de lui
laisser un accès permanent à un fourrage très peu nutritif de façon à ce qu’il exprime son comportement alimentaire
naturel. On installe ainsi dans l’espace de vie principal un râtelier à paille équipé d’un filet petite maille pour servir de support au comportement alimentaire sans influencer l’équilibre alimentaire de la ration.

Générer de la locomotion

Enfin, le fractionnement des repas de fourrage est un réel moteur pour la locomotion des chevaux. Ces derniers sont ainsi incités à aller et venir d’un distributeur à l’autre et l’on constate qu’ils se déplacent beaucoup plus dans une écurie qui distribue le foin de façon contrôlée et fractionnée que dans une écurie avec fourrage en libreservice même avec des équipements de slowfeeding. Les mesures montrent que les chevaux ainsi alimentés parcourent environ 10 km par jour dan ce type d’hébergement.

Gérer l’activité principale du cheval de façon précise tout en respectant les besoins physiologiques et comportementaux de chaque individu est l’option permise par le distributeur individuel de fourrage. Il permet en ce
sens d’héberger les chevaux avec une qualité de service qu’aucun autre système n’est capable de reproduire. Automate le plus longuement utilisé par les chevaux pensionnaires de l’écurie active, il est aussi un outil qui fait gagner beaucoup de temps au personnel de l’écurie.
Longuement testé en Allemagne, c’est un équipement parfaitement au point qui est aujourd’hui à la disposition de ceux qui veulent nourrir de façon précise et proche du naturel les chevaux hébergés en groupe.

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