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Réussir l’intégration d’un nouveau cheval en écurie active

Le cheval est un animal social qui, dans son milieu naturel, vit en groupe avec ses congénères. Cela fait parti de ses besoins fondamentaux pour qu’il se sente bien. Il a besoin d’avoir des interactions avec ses semblables et cela implique parfois, au sein d’une écurie active, l’intégration de nouveaux individus.

Les références scientifiques sur le sujet de la socialisation des chevaux sont peu nombreuses. Il n’est donc pas toujours évident d’intégrer un nouveau cheval au sein d’un groupe déjà établi néanmoins on sait que le point le plus important sera l’observation du groupe. Nous allons voir dans cet article les éléments à bien prendre en considération pour réussir l’intégration d’un nouveau cheval en écurie active. L’objectif étant que cette étape se passe au mieux pour lui et le reste du groupe.

Le contexte général

La saison est le premier critère que nous allons aborder pour intégrer un nouveau cheval en écurie active. En effet, certains propriétaires d’écurie active décident d’intégrer des nouveaux chevaux uniquement pendant la période estivale. Avec des pâtures ouvertes, les chevaux auront plus d’espace et seront moins les uns sur les autres. Avec le stress que peut provoquer l’intégration d’un nouvel arrivant dans le groupe, c’est préférable qu’ils aient le plus d’espace possible.

La stabilité sociale du groupe est également un facteur important dans l’intégration d’un nouvel individu. Plus un groupe est jeune, plus ils sont agités. Il faudra donc être plus prudent avec un groupe de jeunes chevaux et observer d’autant plus les interactions entre les individus.

En général, il faudra trois semaines pour que le calme revienne en cas de changement dans le troupeau. C’est la période critique, lorsque le troupeau se forme. Les équidés ressentent plus de stress social et sont plus tendus. Il est donc recommandé de bien attendre ces trois semaines avant d’intégrer un nouveau cheval pour éviter d’ajouter du stress au troupeau.

Si vous en avez la possibilité, intégrer deux chevaux qui se connaissent en même temps dans un groupe peut également être une manière de faciliter ce moment. En effet, un individu seul se sentira plus en danger et isolé et aura tendance à mettre la pression sur le troupeau. A contrario, un petit groupe de deux chevaux sera moins pressé de retrouver la sécurité du groupe.

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L’écurie et les installations

Beaucoup de critères inhérent à l’écurie et aux installations vont influencer l’intégration d’un nouveau cheval dans un groupe. Tout d’abord, le nombre de chevaux dans l’écurie est un critère à prendre en compte. Par exemple, l’intégration du 6ème cheval dans le groupe ne sera pas évident alors que si vous intégrez le 25ème cheval, cela peut être plus simple.

La surface générale et la conception de l’écurie active seront également des éléments à penser avant d’intégrer un nouveau cheval. Il est en effet important que les subordonnées puissent se mettre à l’écart.  Plus la capacité de s’isoler est importante plus l’intégration sera progressive.

Avant d’intégrer le nouveau cheval dans le groupe, il vous faudra songer à une manière de le mettre en contact avec le groupe de manière générale.  Différents systèmes d’intégration existent comme une cloison sociale ou un box d’intégration. L’idéal serait de le faire rencontrer les individus du groupe cheval par cheval par un système type box social. Ces installations fonctionnelles sont importantes pour mettre facilement les chevaux en interaction. Si ce n’est pas possible, nous suggérons de vérifier que tous les chevaux ont pu être en contact tout en étant protégé. Les écuries avec des espaces fractionnés limitent les contacts entre les chevaux et donc les interactions sociales spontanées. Cette conception d’écurie active ralentit et donc rallonge la période d’intégration.

Il est également recommandé d’ouvrir une parcelle où l’on met tous les chevaux avec le nouveau cheval. L’herbe fait distraction dans les pâtures, permettant aux chevaux de ne pas être focalisé sur le nouveau cheval. Les individus partagent leur attention entre l’herbe et le social.

L’individu

A chaque cheval s’associe un caractère et donc une intégration différente dans un groupe d’individus. Mais le caractère n’est pas le seul critère qui peut définir le déroulement d’une intégration. Voyons les différentes particularités de chaque cheval qu’il est important de prendre en compte pour préparer une intégration.

Tout d’abord, l’âge du cheval doit être considéré avant son intégration. En effet, pour un poulain de moins de trois ans qui aura tendance à être très dominé, son intégration devrait être relativement simple. Il ne perturbera pas trop l’organisation sociale du groupe. A contrario, un vieux cheval peut demander plus d’attention lors de son intégration. Par exemple, s’il n’a plus toutes ses capacités (sa vue ou son ouïe) ou qu’il a du mal à se déplacer, il sera déconseillé de le mettre dans un groupe turbulent. Le mieux est de l’intégrer dans un groupe de vieux chevaux. Enfin, pour un cheval entre 3 et 4 ans jusqu’à 18 ans, il peut venir chambouler le groupe, plus ou moins en fonction de son expérience sociale.

Le sexe de l’individu est une autre caractéristique à prendre en considération lors d’une intégration dans un groupe. Une jument est plus grégaire et son intégration avec d’autres juments sera plus lente mais une fois que le groupe est stable, le calme reviendra. Les hongres ont, eux, tendance à avoir des rapports musclés et des affrontements. Etant donné que la castration n’enlève pas tous les comportements sexuels, on peut parfois avoir des hongres qui essaient d’éloigner les autres hongres et de s’accaparer les juments. Nous appelons cela l’effet rebond de la désocialisation des hongres. Néanmoins, ces comportements s’atténuent avec le temps.

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Connaître l’expérience sociale ou le passé de manière générale d’un équidé est également essentiel avant de l’intégrer dans un groupe. Si vous avez un cheval avec une expérience sociale riche et qui a grandit avec d’autres congénères, il s’adaptera mieux et réajustera facilement son comportement. Les chevaux avec une expérience sociale riche ont plus de mesure dans leur comportement. Au contraire, un individu avec une expérience sociale faible, il vous faudra faire attention.  Ce sont des chevaux qui ont un comportement avec des difficultés de compréhension des comportements des autres, ils ont du mal à s’ajuster.

Enfin, comme mentionné précédemment, le caractère du cheval influe énormément son intégration. Un équidé avec un tempérament très grégaire a tendance à mettre plus de pression au groupe. Un individu plus indépendant ne met pas la même pression au groupe et ne va pas chercher les autres chevaux.

Pour conclure cet article, il faut bien garder en tête que chaque intégration est une nouvelle aventure. Vous n’aurez pas deux chevaux les mêmes, pas deux troupeaux les mêmes et pas deux écuries actives les mêmes. Pour chaque intégration, il vous faudra penser à une page blanche à chaque fois. Tout le concept d’écurie active est relativement nouveau et les pratiques qui y sont liées également. HORSE STOP® a d’ailleurs fait le choix de travailler en collaboration avec Anna Flamand, doctorante éthologue, pour faire avancer ces pratiques et mieux comprendre les chevaux et leur comportement.

Enfin, il vous faudra également bien garder en tête que les relations hiérarchiques ne sont que la moitié du souci d’intégration. Les relations d’affinités entre les chevaux sont autant importantes pour eux et peuvent influencer cette étape d’intégration d’un nouveau cheval. Ils veulent garder la stabilité dans les relations affinitaires et peuvent exprimer des comportements de « jalousie » lors de l’intégration d’un nouveau cheval.

Le maître mot de cette étape cruciale d’intégration d’un nouveau cheval au sein d’un groupe est l’observation et la patience. Même si vous observez qu’une légère amélioration de la tolérance des chevaux vis-à-vis du nouveau au cours des jours ou des semaines, c’est très positif et il vous faudra continuer d’observer des évolutions.

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