Prévenir les maladies des poumons grâce à l’écurie active

Par 24 février 2020 Articles, sante

Des études démontrent que plus de 60 % de nos chevaux de sport ont des signes d’inflammation pulmonaire, même les chevaux qui ne toussent pas !

La pollution de l’air qui entoure votre cheval est responsable de cette observation.

Uniquement l’air le plus pur et le plus propre est assez bon pour votre cheval.

Le principe des problèmes pulmonaires chez le cheval

Les poumons d’un cheval sont sa force et sa faiblesse. Le cheval est capable d’oxygéner 5 litres d’air à chaque inspiration ; ses poumons puissants font de lui un athlète hors norme. En revanche, ilsons sont fragiles ; La moindre irritation provoque des réactions inflammatoires importantes, même chez un cheval qui semble sain. [1]

Chez le cheval, une irritation des voies pulmonaires résulte en une production de mucus abondant. Son corps fera tout pour évacuer ce mucus : de façon passive par l’écoulement nasal et de façon active par la toux. Au moment où la production de mucus surpasse la capacité d’élimination des poumons, le mucus bouche les petites bronchioles dans les poumons. Les multiples alvéoles qui se trouvent derrière l’obstruction seront affaiblies et finissent par se casser [2]. Chez un cheval allergique ces réactions sont encore plus importantes et plus rapides [2].

Le tissu d’un poumon ne peut pas se réparer : une fois que les alvéoles sont détruites, la capacité d’échange d’oxygène du cheval sera pour toujours réduite. Sa performance et sa tolérance à l’effort seront irréversiblement affectées [2].

Si la fréquence de respiration de votre cheval dépasse 17 par minute au repos, il a une capacité pulmonaire tellement réduite qu’il pourra difficilement continuer à faire du sport.

Sans-titre-3 Prévenir les maladies des poumons grâce à l'écurie active
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Mon cheval tousse de temps en temps ; est-ce grave ?

Tellement de chevaux toussent de temps en temps, peut-être faut-il l’accepter ? Je ne crois pas. Un cheval qui tousse, même qu’un petit peu, souffre d’une inflammation des voies respiratoires. Du repos, des examens vétérinaires et un traitement bien adapté peuvent aider votre cheval à vite retrouver sa forme. Mais, les problèmes risquent de revenir très vite si vous ne réfléchissez pas à la prévention. Dans la majorité des cas, les irritations des voies respiratoires sont provoquées par des composants irritants présents dans l’air dans lequel votre cheval vit. Il n’y a qu’une solution qui pourrait l’aider sur le long terme : il faut changer l’air [3,4] : Uniquement l’air le plus pur et le plus propre est assez bon pour lui !

Où trouve-t-on l’air propre ?

Rarement autour ou dans une écurie [5,6,7,8,9] : c’est bien le problème ! En règle générale, l’air d’une écurie est contaminé par l’ammoniac, la poussière organique, les moisissures et les toxines, des éléments irritants pour les poumons des équidés. Pour l’ammoniac, présent dans l’urine des chevaux, on peut le sentir nous-même. Un simple test pour évaluer la situation chez vous est de « prendre une bouffée d’air » dans l’écurie et après, de faire la même chose au milieu d’un champs : l’air doit être identique ! La ventilation des bâtiments, la fréquence de curage et la densité des animaux sont des facteurs décisifs pour limiter la quantité d’ammoniac dans l’air.

Il est plus difficile d’apprécier la présence de poussières organiques, de moisissures et de toxines, qui sont les causes principales des problèmes pulmonaires des chevaux. Le foin et la paille sont des sources importantes de production de toxines et moisissures. L’inflammation pulmonaire des chevaux sur copeaux et /ou alimentés avec de l’enrubannage est moindre que ceux  sur paille et nourris avec du foin sec. L’humidification ou le traitement avec le Hay Gain du foin peuvent diminuer cette exposition du cheval aux pathogènes [10]. Les pathogènes peuvent être présent dans les fourrages dès la récolte, mais, bien souvent, la quantité des moisissures dans les produits augmente exponentiellement à la suite de mauvaises conditions de stockage [11]. Autrement dit, plus il y a de chevaux à l’écurie, plus l’air risque d’être pollué. Le stockage du foin et de la paille à proximité des chevaux augmente la concentration des toxines et moisissures dans l’air. Le paillage alors que les chevaux sont présents dans les box est aussi un facteur de risque important.

Sans-titre-3 Prévenir les maladies des poumons grâce à l'écurie active
Sans-titre-3 Prévenir les maladies des poumons grâce à l'écurie active
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Comment une écurie active peut contribuer à la qualité de l’aire respiré par votre cheval ?

Vivre dehors toute la journée, toute l’année

Les écuries actives sont caractérisées par des espaces ouverts, bien ventilés dans lesquels les chevaux vivent en troupeau.

Vivre dehors toute la journée et toute l’année est la seule base solide pour la santé pulmonaire.  Les chevaux « en plein air » sont moins atteints de lésions pulmonaires que des chevaux en box, même comparé aux écuries qui offrent les meilleures conditions pour les chevaux ! [4 ,12]

La litière dans les abris

Vivre à l’extérieur en troupeau ne signifie pas être livré à soi-même face aux intempéries. Les abris font partie du concept de l’écurie active. Pour sécuriser la santé des poumons, il est important d’éviter la paille comme litière. Au moins deux autres excellentes solutions existent : le sable et les tapis en caoutchouc. Ces deux matières ne contaminent pas l’air avec des moisissures et des bactéries et contribuent donc à un environnement sain pour les poumons. Le confort du sable comme litière est souvent sous-estimé : rien de mieux qu’un lit de sable, aussi bien pour dormir que pour se rouler. Un bon drainage et retirer les crottins est une nécessité pour que ces endroits restent propres. Les tapis en caoutchouc, doux et confortable, sont aussi très appréciés par les chevaux.

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La distribution du fourrage

Le concept d’écurie active permet l’accès permanent au fourrage pour tous les chevaux, éventuellement avec un droit à l’accès contrôlé.

Idéalement, ces points de fourrage se trouvent en plein air, exposés à une bonne ventilation : l’inhalation des particules poussiéreuse du foin est de ce fait très limité. L’humidification du foin par la pluie diminuera également la quantité de poussière inhalée [10]. En théorie, la distribution du foin sous forme de « round » augmente le risque d’inhalation de poussière, des moisissures et toxines du foin par le cheval [13]. Les chevaux enfoncent leur museau dans le foin pour chercher les parties de foin les plus appétant. Dans ce cas la quantité inhalée des particules toxiques du foin peut être important. L’utilisation des filets de foin autour les rounds résout ce problème (cf  photos).

REFERENCES

  1. Mazan MR. Lower Airway Disease in the Athletic Horse. Vet Clin North Am Equine Pract. 2018:34:443
  2. Pirie RS1. Recurrent airway obstruction: a review. Equine Vet J. 2014;46:276
  3. Gerber V, Lindberg A, Berney C, et al. Airway mucus in recurrent airway obstruction—Short‐term response to environmental challenge. J Vet Intern Med 2004;18:92
  4. Jackson CA, Berney C, Jefcoat AM, Robinson NE. Environment and prednisone interactions in the treatment of recurrent airway obstruction (heaves). Equine Vet J. 2000;32:432.
  5. Siegers EW, Anthonisse M, Van Eerdenburg F, Van den Broek J, Wouters I, Westermann CM. Effect of ionization, bedding, and feeding on air quality in a horse stable. J Vet Intern Med. 2018;32: 1234
  6. Wolny-Koladka K. Microbiological quality of air in free-range and box-stall stable horse keeping systems. Environ Monit Assess:2018:269
  7. Fleming K, Hessel EF, Van den Weghe HF. Gas and particle concentrations in horse stables with individual boxes as a function of the bedding material and the mucking regimen. J Anim Sci. 2009;87:3805
  8. Dauvillier J, Ter Woort F, Van Erck-Westergren E. Fungi in respiratory samples of horses with inflammatory airway disease. J Vet Intern Med. 2019;33:968
  9. Ivester KM, Couëtil LL, Zimmerman NJ. Investigating the link between particulate exposure and airway inflammation in the horse. J Vet Intern Med. 2014;28:1653
  10. Moore-Colyer MJ, Lumbis K, Longland A, Harris P. The effect of five different wetting treatments on the nutrient content and microbial concentration in hay for horses. PLoS One. 2014;26:9
  11. Buckley T, Creighton A, Fogarty U. Analysis of Canadian and Irish forage, oats and commercially available equine concentrate feed for pathogenic fungi and mycotoxins. Ir Vet J. 2007; 60(4): 231
  12. Yngvesson J, Rey Torres JC, Lindholm J, Pättiniemi A, Andersson P, Sassner H. Health and Body Conditions of Riding School Horses Housed in Groups or Kept in Conventional Tie-Stall/Box Housing; Animals 2019;9:73.
  13. Martinson K, Wilson J, Cleary K, Lazarus W, Thomas W, Hathaway M. Round-bale feeder design affects hay waste and economics during horse feeding. J Anim Sci. 2012;90:1047
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