Le blog de l’Écurie Active

L’accès à l’herbe en écurie active - Ecurie Active

Rédigé par Arnaud Lallemand | Jul 16, 2018 9:41:40 AM

L’herbe est généralement considérée comme l’aliment naturel de base du cheval est c’est une réalité. Dans une écurie active, lorsque le contexte le permet, les chevaux ont donc un accès à l’herbe en dehors des saisons hivernales ou de précipitation importante pendant lesquelles on cantonne le troupeau sur les zones stabilisées pour ne pas créer de boue et pour préserver le pâturage. Ce tableau semble idyllique, mais la réalité est en fait un peu plus complexe. En effet, le cheval à l’herbe n’est pas forcément synonyme de bien-être, car l’herbe peut aussi être à l’origine de pathologies parfois graves. Après avoir fait le point sur les paramètres comportementaux et physiologiques, nous reviendrons sur les différentes méthodes observées dans les écuries actives pour gérer cet accès à l’herbe.

Le régime alimentaire du cheval

Le cheval actuel est le fruit d’une évolution dans laquelle l’espèce s’est adaptée à un biotope caractérisé par des milieux principalement steppiques dont l’alimentation est pauvre et clairsemée. L’adaptation à ce régime alimentaire s’est faite d’une part par un mode de digestion non ruminant qui permet au cheval de faire varier de façon importante son temps de pâturage de façon à l’adapter à la disponibilité de la ressource. D’autre part, toutes les études en éthologies ont montré que le régime alimentaire du cheval est particulièrement varié. Il comprend de l’herbe, mais aussi des écorces, des fruits, des racines, des jeunes pousses, etc. Lorsque le cheval a le choix d’une alimentation diversifiée, on observe que son régime alimentaire est particulièrement varié en termes d’espèces végétales consommées. Alors l’herbe (et surtout les graminées) constitue la base de son alimentation, mais seulement la base. Le cheval domestique est d’ailleurs toujours à la recherche de cette variété alimentaire. On cherchera donc dans l’idéal à lui donner accès de préférence à des prairies permanentes qui présentent cette variété plutôt qu’à des prairies temporaires beaucoup plus pauvres en termes de biodiversité. Enfin, il faut bien comprendre que le cheval est très bien adapté à la consommation d’une herbe ligneuse, une plante plutôt avancée et moins à la consommation d’une herbe jeune et pleine de sucres.

Les principales pathologies dues à l’herbe

Si l’herbe est la base de l’alimentation du cheval, dans certains contextes, elle présente cependant un risque pour sa santé. En effet, on distingue trois pathologies principales liées à l’herbe.

  • Les coliques. Bien que peu fréquente dans ce genre de situation, elles peuvent cependant résulter d’une transition alimentaire brutale sur une herbe fortement azotée. Comme pour toute transition dans l’alimentation du cheval, la progressivité est le maître mot. Le passage au printemps de l’alimentation à base de fourrage conservé vers l’herbe pâturée se fera sur plusieurs jours en augmentant progressivement le temps de pâturage.
  • L’embonpoint. On peut considérer chez le cheval comme chez l’homme que le surpoids constitue une pathologie chronique. L’accès seulement à une herbe pauvre est donc recommandé pour les chevaux trop en état. Le risque est en réalité très important de voir se développer une fourbure qui est, elle, une pathologie autrement plus sévère.
  • La fourbure est une pathologie grave et invalidante qui peut entrainer la mort du cheval. Les symptômes sont localisés au niveau du pied. Il s’agit d’une nécrose du tissu qui relie la dernière phalange au sabot. En résumé, le sabot se décroche progressivement.

En dehors des cas résultant d’une très grosse surcharge de travail, cette pathologie a toujours une composante d’origine alimentaire. Les chevaux trop gras ou atteints de syndromes de Cushing et d’autres troubles hormonaux y sont particulièrement sensibles.

La conduite à tenir est toujours de réguler voire empêcher l’accès à l’herbe particulièrement si celle-ci est riche ou très azotée comme c’est le cas au printemps. Il est donc nécessaire dans la gestion d’un groupe de chevaux de maitriser cet accès à l’herbe.

La gestion de l’accès à l’herbe

La gestion de l’accès à l’herbe dans un troupeau est donc un enjeu de santé important pour le gérant de l’écurie. Le pâturage est un gage de bien-être pour l’ensemble des chevaux, mais la distribution ad libitum est potentiellement dangereuse pour certains chevaux. Au sein de cet hébergement en groupe, le responsable d’écurie va devoir gérer les sous-groupes du troupeau et leur accès à l’herbe. Il pourra le faire de manière manuelle en ouvrant et fermant des parcs et des barrières, mais cela devient vite chronophage et pénible. Les automates de l’écurie active vont lui permettre de programmer et d’automatiser.

La porte sélective pour gérer l’accès à l’herbe

C’est dans ce contexte que les automates des écuries actives prennent tout leur sens. Ils permettent d’accomplir des tâches répétitives et individualisées pour chaque cheval. Gérer l’accès contrôlé au pré est une des fonctions principales de la porte sélective. Depuis la zone principale de l’écurie active, la porte sélective est positionnée pour gérer le trajet aller vers la zone de pâturage. Le trajet retour est effectué via un portillon anti-retour (à sens unique). Rien n’oblige un cheval à effectuer le trajet retour. En pratique, on veille à ce que les chevaux ne disposent d’eau que sur la zone principale pour que les chevaux soient tôt ou tard contraints de revenir sur la zone principale.

Il appartient donc tout de même au responsable de l’écurie de surveiller régulièrement son troupeau et de vérifier que les chevaux qui pourraient présenter des risques liés à l’herbe reviennent régulièrement sur la zone principale surtout les jours de température clémente ou de pluie où les chevaux auront moins besoin de s’abreuver.

Fonctionnalités

Les réglages de la porte sélective sont multiples. Elle ne sert pas seulement à permettre un franchissement en mode oui/ non. Les réglages permettent de paramétrer 3 plages horaires quotidiennes par cheval de manière d’une part de gérer le pâturage du troupeau, mais aussi de simplifier le travail dans les écuries de façon plus générale. Par exemple, si un cheval travaille tous les vendredis à 17h, on peut programmer la porte pour lui interdire l’accès à la pâture à partir de 15h. De cette façon, son cavalier aura toutes les chances de le trouver à proximité lorsqu’il vient pour sa reprise. À chaque écurie d’utiliser ces réglages pour se faciliter la vie tout en tenant compte d’une part des besoins de chaque cheval en termes d’accès à l’herbe.

Emplacement

L’emplacement de la porte sélective est relativement stratégique et demande donc un peu de réflexion avant d’être définitivement acté. Deux situations sont classiquement observées : implanter la porte sélective entre la zone de foin libre-service et la zone commune de l’écurie active. Cela permet avec un simple portail placé entre la zone de libre-service et les pâtures de gérer avec un seul automate l’accès au libre-service en hiver et au pâturage à la belle saison. C’est la solution économique et qui convient à beaucoup d’écuries. L’autre solution et de disposer une porte sélective pour gérer l’accès au pré indépendamment d’un accès au fourrage de l’écurie. C’est la solution qui donne le plus de flexibilité pour gérer les régimes alimentaires des différents pensionnaires.

Si l’herbe est la base de l’alimentation du cheval, sa consommation doit être surveillée de façon à ne pas faire prendre de risques aux chevaux qui peuvent être sensibles à sa consommation. La surveillance régulière de l’état de forme et d’engraissement des chevaux s’accompagne d’une gestion de leur alimentation qui se traduit en saison de pâturage par un accès à l’herbe plus ou moins prolongé. Dans l’écurie active, la porte sélective est l’outil qui permet au responsable de gérer individuellement cette consommation de façon à veiller sur la santé de chaque cheval. La connaissance des relations sociales des chevaux au sein du troupeau lui permettra de moduler des réglages de façon à tenir compte des affinités de chacun des individus dans le troupeau.