Le blog de l’Écurie Active

Comment convaincre les propriétaires de mettre leur cheval en pension dans votre écurie active ?

Rédigé par Arnaud Lallemand | Jan 14, 2021 11:44:12 AM

La création d’une offre de pension en écurie active attire de plus en plus de professionnels qui sont à la fois sensibles au bien-être de leurs protégés et séduits par ce mode d’hébergement répondant mieux aux demandes sociétales. Cette offre de pension apporte du confort, une meilleure valorisation des heures de travail et une plus grande flexibilité. Cette transformation de mode de pension exige cependant une évolutions des mentalités et des habitudes sans oublier que la réticence aux changements peut aussi faire peur aux propriétaires des chevaux. Alors, comment les accompagner au mieux et faire de ce projet un succès ?

1. Identifier les réelles réticences.

En premier lieu, il est bon de prendre conscience que tous les propriétaires ne ressentent pas le même degré d’enthousiasme quant au fait d’héberger leur compagnon en écurie active. Si certains sont d’ores et déjà convaincus, d’autres s’interrogent encore. Enfin, certains sont très sceptiques voire complètement réfractaire. Inutile de perdre la moindre énergie à essayer de convaincre la 1ere catégorie (puisque c’est déjà une évidence pour eux), ni la 3eme catégorie qui n’est pas du tout prêt à ce changement et reste persuadée du bienfondé de son point de vue. Ces derniers changeront peut-être d’avis un jour mais pour le moment ils sont convaincus que « c’est peut-être bien pour d’autres chevaux mais pas pour le leur ! ».

Il faut donc se concentrer sur cette frange médiane de propriétaires qui voudraient bien mais… En effet, il y a toujours quelques points d’objections liés à des peurs. La plus fréquente d’entre elles est liée à la santé du cheval et notamment celle de la blessure infligée par un autre cheval. Le propriétaire a souvent une image mentale de la vie en groupe de type « étalons cabrés face à face » ou « chevaux se menaçant de part et d’autre de la cloison lors du repas de grains ». Il aura donc un peu de chemin à faire pour envisager de mettre son cheval en hébergement collectif.

Pour vaincre ces peurs ; il faudra viser conjointement 2 objectifs. En premier lieu, informer. Les peurs se nourrissent souvent de l’ignorance ou de la méconnaissance mais cela ne sera pas suffisant. Il faudra également faire ressentir. En effet, le siège de la peur ne se situe pas dans notre cortex cérébral mais il réside dans notre cerveau plus profond (indépendant de nos raisonnements). Ne dit-on pas « la peur au ventre »… Eh oui, c’est donc bien à ce « ventre » que l’on doit s’adresser, il va falloir jouer dans le champ des émotions. Dans ce domaine, qui est plus doué que le cheval pour nous y accompagner ?

2. Informer sur les vrais besoins fondamentaux des chevaux

La notion de bien-être est très en vogue mais repris à toutes les sauces, le mot finit par perdre de son sens. Il est bon de rappeler et de réinformer en permanence les propriétaires sur les réels besoins des chevaux.

Les 3 fondamentaux sont:

  • La vie en groupe
  • L’alimentation en continu à base de fourrage
  • La locomotion libre.

Les écuries actives lorsqu’elles sont bien conçues assurent à la fois la satisfaction de ces besoins fondamentaux mais également un confort supplémentaire avec :

  • La possibilité de repos couché sur un sol sec et confortable.
  • La possibilité d’éviter les dominants
  • Le bénéfice d’une alimentation individualisée lorsque cela est nécessaire.
  • Un sol sain et confortable toute l’année.

Les écuries actives lorsqu’elles sont bien conçues assurent à la fois la satisfaction de ces besoins fondamentaux mais également un confort supplémentaire avec :

  • La possibilité de repos couché sur un sol sec et confortable.
  • La possibilité d’éviter les dominants
  • Le bénéfice d’une alimentation individualisée lorsque cela est nécessaire.
  • Un sol sain et confortable toute l’année.

Parallèlement, il est également bon d’informer les propriétaires sur les risques liés à l’hébergement individuel prolongé au box : pathologies respiratoires, digestives, comportementales et locomotrices. La 1ere cause de mortalité des chevaux domestiques comme de sport, reste les coliques dont l’origine est très majoritairement environnementale. Elle est liée à l’alimentation et au confinement au box la majorité de la journée. Le risque de colique du cheval en hébergement individuel est en réalité bien plus élevé qu’un risque de blessure du cheval en écurie active.

Pour parler des idées reçues sur tous ces sujets, l’IFCE avait d’ailleurs sollicité l’éthologiste Hélène Roche pour deux webconférences passionnantes à réécouter :


3. Montrer l’exemple


4. Mettre l’accent sur la surveillance

Confier son cheval, cet animal de grande valeur (qu’elle soit financière ou affective), à un tiers ne peut s’envisager sans une grande confiance. Dans un box ou un paddock individuel, la qualité d’équipement et la propreté que le responsable d’écurie est en mesure de montrer, sont des éléments clés pour convaincre un propriétaire de confier son cheval. Lorsque la prestation s’entend pour une vie en troupeau dans un espace à la fois grand et mutualisé, le propriétaire se pose inévitablement la question « Mon cheval sera-t-il correctement surveillé ? » C’est un point essentiel auquel il faut pourvoir répondre pour gagner sa confiance. Nul besoin d’être un écuyer renommé pour bien s’occuper des chevaux. En revanche, développer des qualités d’observation pour déceler tout signe de baisse de forme, de début de pathologie ou une petite atteinte avant qu’elle ne s’infecte, est la qualité indispensable pour gérer une écurie active. Les Ecuries de Lisors qui hébergent une cinquantaine de chevaux en Normandie sont gérées par Pascal Frotiée. Lorsqu’il finissait ses études, il a été stagiaire et a travaillé comme … berger ! Les compétences qu’il a alors développées lui servent aujourd’hui à la fois à savoir gérer un troupeau mais aussi à détecter dans le groupe, l’individu qui aurait un comportement inhabituel et à intervenir précocement. Il estime avoir fait baisser ses frais vétérinaires de 70 % en passant de l’hébergement individuel à l’écurie active. De quoi rassurer ses propriétaires…

 

5. Bien planifier la période d’intégration.

6. Transition vers l’écurie active : impliquer les propriétaires

Si vous avez déjà une écurie de propriétaires et que vous souhaitez faire la transition ou vous agrandir avec une écurie active. En parler avec vos propriétaires peut être d’une grande aide. En s’impliquant dans le projet ou en exprimant leurs réticences, ils vous accompagneront dans votre réflexion pour savoir s’ils vous suivent ou s’ils ne sont vraiment pas prêts. Peut-être est-ce un peu tôt mais peut être aussi qu’en proposant cette réflexion, certains qui étaient à priori réticents vont se documenter et faire évoluer leur point de vue plus rapidement que prévu. De même, certains en parleront autour d’eux et vous ramèneront peut-être d’autres propriétaires de leurs connaissances qui pourront devenir à leur tour vos clients.

Dans le cadre d’une démarche de transition, il est parfois plus facile de fédérer un groupe de personnes. Elles motiveront entre elles pour organiser une visite, participer à une portes-ouvertes ou monter un groupe de réflexion (souvent autour d’un apéro d’écurie) sur le sujet. Bref à plusieurs, les projets ont toujours plus de chance d’avancer.

Enfin, pour convaincre les propriétaires de chevaux de venir vers vous, il faut vous faire connaitre. Pour reprendre la formule consacrée « si vous avez le savoir-faire encore faut-il le faire savoir ». Si les réseaux sociaux et le web sont des outils de communication aujourd’hui incontournables, il ne faut en aucun cas négliger le bouche-à-oreille et les réseaux humains (sans appli dédiée). Les professionnels qui gravitent autour du métier ou qui se déplacent d’une écurie à l’autre sont notamment de bons vecteurs d’opinions et peuvent vous faire connaitre. Prendre le temps d’informer et de sensibiliser vétérinaire, maréchal, dentiste, ostéopathe, sellier etc. sur votre activité ou de votre projet de changement d’activité ne peut être que bénéfique pour vous faire faire connaître et mieux être identifié.