Comment les écuries actives révèlent-elles les paradoxes de l’équitation ?
L’écurie active révèle les paradoxes de notre rapport à l’animal et à son environnement. Par raccourci, la machine est opposée à l’idée de la « nature » du cheval. Mais la confusion opérée entre l’environnement « naturel » du cheval et ses comportements « naturels » montre certaines contradictions du monde équestre. Si des automates, au service des besoins de chaque cheval replacent la main de l’homme. Comment va-t-il le percevoir dorénavant ?
Au premier abord, l’écurie active surprend par son innovation, que cela passe par sa façon d’aménager l’espace ou par l’usage d’automates pour l’alimentation des chevaux.
L’innovation du modèle de l’écurie active est l’objet de débats. Ils concernent en grande partie la relation entre l’homme et le cheval ainsi que la relation du cheval avec son espace environnant.
Ces débats engendrés par les écuries actives mettent à jour les paradoxes propres au monde du cheval : le rapport que nous entretenons avec le cheval au travers d’une certaine idée de la « nature ».
ÉVOLUTION RELATIONNELLE
Depuis le 19ème siècle, où le cheval est passé du statut d’outil agricole et de machine de guerre à celui de partenaire de sport et de loisir, la relation qui nous unit est devenue un sujet où l’affect se révèle .
Dans le contexte actuel, cette relation ne peut se limiter au simple cadre la pratique de l’équitation et doit se prolonger au-delà des lices des carrières, jusque dans l’hébergement du cheval.
ANTHROPOMORPHISME
Traditionnellement, nous calquons la question de l’alimentation du cheval sur les modèles humains, en le nourrissant le matin, là midi et le soir pour des raisons fonctionnelles : le pas vers l’anthropomorphisme est vite franchi.
Nous faisons de la distribution de nourriture un évènement ponctuel alors que pour la physiologie du cheval, c’est l’absence de l’alimentation qui génère un stress.
AUTOMATISATION
Si la machine est déjà ancrée dans nos écuries, nos pratiques et nos esprits, que ce soit par les abreuvoirs automatiques ou encore les tracteurs et les valets de ferme, il est légitime de se demander pourquoi la question de l’apparition des automates et de leur interaction avec le cheval suscite le débat aujourd’hui .
Un environnement artificialisé
au service de comportements naturels
ENVIRONNEMENT « NATUREL » : LE PRÉ
Le premier point de vue est de penser que l’environnement naturel du cheval est ce qui lui correspond au mieux.
Nous pensons généralement que l’environnement naturel est le pré alors que les chevaux sauvages vivent dans des steppes beaucoup moins riches.
Le pré est un modèle spatial qui n’est pas forcément adapté à tous les chevaux. Cela varie en fonction de leur nature plus ou moins rustique.
En pensant proposer un environnement « naturel », Nous hébergeons parfois le cheval dans un milieu inadapté à ses comportements naturel
ENVIRONNEMENT ARTIFICIEL : L’ÉCURIE ACTIVE
Le deuxième point de vue est de penser que ce sont les comportements du cheval qui nécessitent d’être respectés au-delà de son environnement.
En se basant sur le rythme et la durée des comportements du cheval observable dans la nature, l’écurie active crée un cadre qui permet au cheval d’exprimer ces mêmes comportements : déplacement, contact social, alimentation en continu…
En artificialisant l’environnement du cheval avec l’écurie active, les comportements du cheval se rapprochent de leur expression naturelle.
L’écurie active révèle les paradoxes de notre rapport à l’animal et à son environnement. Par raccourci, la machine est opposée à l’idée de la « nature » du cheval. Mais la confusion opérée entre l’environnement « naturel » du cheval et ses comportements « naturels » montre certaines contradictions du monde équestre. Si des automates, au service des besoins de chaque cheval replacent la main de l’homme. Comment va-t-il le percevoir dorénavant ?
L’écurie active répond aux questions posées par l’hébergement du cheval au regard du contexte actuel sur le bien-être animal et des nouvelles connaissances scientifiques en fournissant les outils qui permettent de gérer au mieux le cheval dans son environnement. Chaque usager demeure libre d’en faire bon usage adéquat selon ses valeurs personnelles, son expérience et son éthique.
En remettant en cause les pratiques actuelles et les modèles d’hébergement existants, le monde équestre peut continuer évoluer dans le sens du cheval.
Finalement, une écurie se rapprochant le plus de la nature n’est-elle pas l’écurie qui respecte au mieux la nature du cheval ?
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